Le baromètre des bénéficiaires d’Initiative France.


""ENTREPRENDRE EN 2025 : les entrepreneurs en zone de turbulence", Réseau Initiative France, mars 2026

Méthodologie : enquête nationale conduite auprès de 1 747 entrepreneuses et entrepreneurs soutenus par le réseau Initiative France , via un questionnaire en ligne entre le 25 novembre et le 24 décembre 2025.

Profil des répondants : 60% des hommes ; l’âge moyen est de 45,2 ans (18% moins de 35 ans, 68% entre 25 et 54 ans et 18% 55 ans et plus).

Profil de leur entreprise : 64% une création, 28% une reprise et 6% une entreprise en croissance). 31% exercent une activité dans ls services aux particuliers, 14% dans les HCR, 11% dans les services aux entreprises, 10% dans le BTP, 9% dans l’éducation, la santé, et l’action sociale, 7% dans le commerce, 6% dans l’industrie et 11% dans une autre activité.

 

Ce baromètre permet d’approcher au plus prés les bénéfices mais aussi les difficultés rencontrées dans leur création/reprise et leur projection pour 2026.

⇒ Les bénéficiaires du réseau Initiative. 

♦ En 2025, 20 299 accompagnés en 3 sous-populations : des créations (11 294, -8% au regard de 2021), des reprises (7 554, +38% au regard de 2021) et des entreprises en croissance (1 215,+33% au regard de 2021).

4 789 entreprises sont situés en zone de revitalisation rurale, et 1 493 en QPV (+ 17% sur un an) ; au sein des QPV,  900 accompagnements renforcés ont été réalisés en 2025 et 150 M€ de prêts d’honneur sont disponibles pour les réseaux de financement dans le cadre du plan.

800 entreprises ont été labellisées Initiative Remarquable.

92% des reprises et 88% des créations passent le cap des 3 ans. 

 

♦ 44% des projets ont été portés au moins par une femme (11 200). 

22% (5 657) avaient moins de 30 ans et 20% (5 116) plus de 45 ans.

40% (10 228) sont le fait de demandeurs d’emploi ; 586 sont des personnes en situation d’handicap.

 

♦ 68% ont déjà une expérience professionnelle dans le secteur d’activité, alors que pour 32% c’est une reconversion, plus fréquente pour les femmes (36% vs 29 les hommes). les secteurs choisis sont alors les services aux particuliers, les cafés-hôtels-restaurants et l’éducation-santé-action sociale.

 

♦ 25 378 entrepreneurs ont été financés (+ 8% par rapport à 2021).

Le plan de financement moyen des entreprises soutenus chiffre 133 000€. 2,7Md€ ont été investis : 179M€ en prêts d’honneur Initiative, 120M€ de prêts d’honneur Bpifrance et 2,4Md€ de prêts bancaires associés.

 

♦ Ces entreprises ont crée ou repris 56 837 emplois : 4 emplois au démarrage pour les reprises d’entreprise et 2 emplois pour les projets de création.

⇒ Les motivations à la création ou à la reprise et leur concrétisation :

♦ Les 3 motivations principales

– Les créateurs et développeurs ont pour 1ére motivation d’être indépendant (56%), puis de créer des conditions de travail propices à leur épanouissement (51%) et le goût du challenge (42%), 

– Les repreneurs disent saisir une opportunité (53%), celui du désir d’indépendance (51%) et le goût du challenge (47%).

Noter que 23% des femmes (vs 15 les hommes), expriment le souci d’un impact positif sur la société et l’environnement.

 

De façon plus développée :

– 55% ont le désir d’indépendance, celui d’être son propre patron,

– 43% le goût du challenge, 9% celui de réaliser une idée innovante, 

–  41% de créer les conditions de travail propices à leur épanouissement, 20% équilibrer leur vie professionnelle et personnelle, 9% la perspective d’augmenter leurs revenus, 3% éviter les discriminations rencontrées dans le monde salarial,

– 25% la saisie d’une opportunité de création ou de reprise,

– 18% avoir un impact positif sur la société et l’environnement,

– 8% parce que sans emploi, mais avec envie de créer ou de reprendre une entreprise, 1% contraint parce que sans emploi. 

 

♦ La réalisation de leurs motivations :

– 88% (dont 25 tout à fait) sont heureux de ce choix  ; ils l’expliquent par les bonnes relations avec leurs clients (66%), le fait d’être leur propre patron (65%), bien plus que le fait d’innover, de se réinventer chaque jour (32%), de la meilleure articulation vie pro / vie perso (31%) ou de travailler avec les acteurs de leur territoire (27%).

 

– 64% sont satisfaits de l’équilibre entre leurs vies professionnelle et personnelle ; 76% referaient le même choix (81% de ceux qui se sont lancés il y a moins de 3 ans vs 71% ceux qui se sont lancés il y a plus de 5 ans).

 

– 37% se considèrent bien rémunérés (41 les hommes vs 30 les femmes), notamment dans le BTP (49%), alors qu’ils le sont moins dans les HCR (30), l’industrie (32) et l’éducation, santé, action sociale (32).

⇒ Mais ce n’est pas un long fleuve tranquille :

♦ Si 37% n’ont rencontré aucune difficulté particulière, 32% ont fait face à des problèmes de trésorerie, 21% à une baisse des marges bénéficiaire, 14% à une  Incapacité à verser les salaires, 10% à un résultat négatif, 4% à un endettement trop important

 

♦ Quelles autres difficultés ?

– il faut gérer la charge mentale (42%), et assumer la solitude pour prendre des décisions (17) ; pour la charge mentale, ce sont davantage les femmes (50 vs 37 les hommes), 
– Régler les formalités administratives (37),
– Attirer et fidéliser les clients (27), se faire une place dans son secteur d’activité (18), faire face à la concurrence (18),
– Gérer : faire face à l’inflation (22), au manque de dynamisme du territoire (16), à l’embauche du personnel (15), à fixer le prix de vos produits et services (13), voire à faire face à une croissance trop rapide (4).

Noter que 40% de ceux dans les services aux particuliers sont en reconversion professionnelle (vs en moyenne 32).

 

♦ Que redoutent-ils ?

– La baisse de leur chiffre d’affaires : 60% une baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, 30% un ralentissement de la croissance économique, 23% un impact des tensions géopolitiques sur l’économie,

– La baisse de leur marge : 44% une hausse des impôts, 31% la poursuite de l’inflation, 6% l’augmentation des taux d’intérêt

– Les décisions gouvernementales : 35% l’instabilité politique, 18% des restrictions ou changements dans les règlementations liées à l’entrepreneuriat, 5% un accroissement des coûts liés à la transition écologique, 4% une réforme de l’assurance chômage et 3% une nouvelle réforme des retraites, 

Ceci étant 36% anticipent une meilleure situation économique pour 2026, 40% la stabilité, 16% une situation légèrement moins bonne et 7% une forte aggravation. 

 

♦ Qu’envisagent-ils pour faire face ?

– La croissance attendue : 71% souhaite assurer la croissance de leur entreprise, 33% maintenir le niveau actuel d’activité,14% redresser leur entreprise, 6% céder l’entreprise, 

 

– 37% mieux équilibrer leur vie personnelle et professionnelle, 

 

– Les moyens envisagés pour développer :  32% lancer de nouvelles offres de produits ou services, 16% créer un ou plusieurs emplois, 6% créer une nouvelle entreprise.

A propos de l’emploi : 26% ont embauché en 2025 (vs 30-32 entre 2022 et 2024), notamment dans les secteurs HCR (43%), industrie (37%). 27% l’envisagent en 2026.

 

– 7% améliorer l’impact environnemental et/ou sociétal. A  propos de la transition écologique, 52% estiment que c’est une opportunité, mais pour 28% d’entre eux, c’est aussi une contrainte ; pour 14% ce n’est qu’une contrainte (pour 9% des femmes vs 17% des hommes) ; enfin ce n’est ni une contrainte ni une opportunité pour 36%.

35% des entrepreneurs qui se sont lancés il y a plus de 5 ans considèrent que la prise en compte de l’impact est plus important aujourd’hui qu’au moment du lancement de leur activité (vs 8% moins important).  Noter que 62% (dont 23% beaucoup) ont considéré cet impact lors de la préparation de leur projet et 37% avoir fait un choix peu rentable pour privilégier cet impact.

47% ont mis en place (16%) ou envisagent de mettre en place (31%) une mesure d’impact (+ 9 points sur un an), dont 53% ceux de l’industrie et 52% ceux des HCR.

⇒ L’accompagnement.

♦ Quels sont leurs besoins d’appui actuels ?

5 domaines sont prioritaires : le développement de leur entreprise au sens large (36%, mais 47 les moins de 30 ans), la communication (28), la stratégie commerciale (27), la gestion financière (comptabilité, fiscalité…) pour 27% (41 les moins de 30 ans et 35 ceux en QPV), les aspects juridiques et administratifs (21).

Le sont beaucoup moins : les RH et le management (7%) et la gouvernance (4), le repositionnement de l’activité (6), l’amélioration de l’empreinte environnementale (4), l’impact de l’entreprise (3) et la transmission de l’entreprise (7).

 

♦ En cas de difficultés mettant en danger l’avenir de leur entreprise, ils feraient appel à :

– Un professionnel libéral : 69% leur expert-comptable, 7% un avocat, 

– Des réseaux d’appui : 39% les réseaux associatifs de soutien à la création (51% ceux en QPV), 18% les associations d’accompagnement des entrepreneurs, 15%  les réseaux de dirigeants ou fédérations professionnelles, 14% les chambres de commerce et d’industrie,

– Leur banquier (50%), 

– Leurs proches (19%)

– Des acteurs publics (8%).

Noter que 68% (84% ceux dans les services aux entreprises) ont recours à l’IA dont 29% plusieurs fois par semaine.

 

♦ Le maintien sollicité des aides publiques : 

– 55% l’allocation de retour à l’emploi (ARE), versé sous forme d’indemnités mensuelles (63% les moins de 30 ans), et 29% (mais 38 ceux dans le commerce) l’aide à la création et reprise d’entreprise (ARCE) sous forme d’un versement de capital,
– 48% les exonérations ou allègements de charges sociales (ACRE, ZFU…), notamment ceux dans le commerce (58), ceux en QPV (58) et ceux en zone de revitalisation rurale (55), 
– 36% les aides régionales et locales,
– 12% les dispositifs de formation à la création d’entreprise (CPF…),
– 8% le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE), qui permet de tester son activité tout en conservant ses droits sociaux.

 

♦ 8 sur 10 est la note donnée à Initiative France pour la qualité de l’accompagnement et 10/10 pour ceux en QPV.

⇒ un zoom sur les groupes d’activité.

♦ En ce qui concerne les motivations :

Ceux qui  privilégient le challenge, le défis, sont davantage dans les activités commerce (54%), industrie (52), HCR (50) vs une moyenne de 43, alors que ceux qui priorisent l’indépendance  sont dans les services aux entreprises (68), l’éducation/santé/action sociale (56), voire le BTP (55) vs une moyenne de 55.

– Les conditions de travail propices à son épanouissement sont davantage le fait de ceux localisés dans l’industrie (50% vs en moyenne 41), voire ceux dans l’éducation/santé/action sociale (45).

 

♦ La réalisation de leurs motivations :

Ceux du BTP se disent davantage heureux (93% vs 88 en moyenne),

Ceux du BTP sont 50% satisfaits de leur rémunération (vs 37 en moyenne), alors qu’en sont insatisfaits ceux des HCR (70), de la santé/éducation/action sociale (69), des services aux particuliers (65) et des services aux entreprises (61).

96% de ceux du BTP se relanceraient dans l’aventure entrepreneuriale (vs en moyenne les autres, 71 avec 5 ans d’ancienneté ou 81 à 3 ans).

 

♦ 41% de ceux des HCR ont crée des emplois vs 26 en moyenne et 63% ont fait des choix peu rentables plus conformes à leurs convictions environnementales ou sociales (vs en moyenne 59).

60% de ceux de l’industrie voient la transition écologique comme une opportunité (vs en moyenne 51). Ceux du BTP sont un peu moins impliqués dans la transition écologique. 

Noter que 84% de ceux dans les services aux entreprises ont recours à l’IA (vs 66 en moyenne).

 

♦ Les difficultés :

– Les problèmes financiers  :

 * La trésorerie selon 45% des entreprises de service aux entreprises de plus de 5 ans vs en moyenne 32% (sans distinction d’ancienneté), 39% ceux de la santé/éducation/action sociale (18% ont eu des difficulté pour  verser les salaires), 39% ceux de l’industrie,

* 30% de ceux de l’industrie ont aussi connu la réduction de leur marge bénéficiaire et 22% font état d’une résultat négatif, 

– Une charge mentale trop élevée pour ceux des HCR (48% vs 42 en moyenne).

 

♦ Le besoin d’accompagnement est davantage mis en avant par ceux de l’industrie pour développer l’entreprise (47%) ou pour se préoccuper de stratégie commerciale (41%).

 

♦ Et pour 2026 ?

– 45% de ceux du secteur santé/action/sociale/éducation sont optimistes (vs 36 en moyenne), et 72% ont l’ambition d’assurer la croissance de leur entreprise tout comme ceux du commerce  (78) ; d’ailleurs 40% d’entre eux envisagent de nouvelles offres de produit ou service (vs 32 en moyenne) et 10% de créer à nouveau (vs  6),

– Par contre en ce qui concerne les craintes, 59% de ceux dans les services aux particuliers s’inquiètent de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs ; il en est de même de 43% de ceux du BTP face au ralentissement économique (vs 34). Ces derniers sont 43% à craindre une hausse des impôts (vs 34)

 

Pour en savoir davantage : https://www.initiative-france.fr/espace-info/liste-categories/17-presse/607-les-entrepreneurs-en-zone-de-turbulence-enquete-entrepreneurs-2025.html