Méthodologie : le Bilan National des Entreprises propose un état des lieux complet des flux d’entreprises en France (hors Alsace et Moselle, mais compris les DROM) au cours de l’année 2025. Les informations fournies concernent les immatriculées, ceux en procédures collectives ou ceux radiés au Registre du Commerce et des Sociétés auprès des Greffes au cours de l’année 2025.
Etude conduite par Xerfi pour Infogreffe et le Conseil National des Greffiers des Tribunaux de Commerce.
Limites :
– Si le registre du commerce et des sociétés représente 80% des acteurs économiques français (pourtant comparé aux immatriculations Insee, celles au RCS ne sont que 54% des immatriculations), Il ne prend pas en compte, dans les immatriculations et les radiations, les artisans exerçant à titre individuel ni les professions libérales ou les agriculteurs n’exerçant pas en société. Par contre, dans les données sur les procédures collectives, toutes les entreprises concernées sont présentes.
– Non prise en compte des données sur la Moselle et l’Alsace.
– On ne peut différencier au sein des entreprises individuelles les microentreprises, sujettes à des disparitions bien plus rapides ; on ne peut identifier celles qui sont celles nommées ND (non définies, je suppose ?)
Quelques données complémentaires sur les procédures collectives et quelques rares données sur les radiations.
⇒ Les procédures collectives.
Je ne prends en compte ici que les données nouvelles, complétant celles publiées dans Altares. Voir dans mon blog le mot clé défaillances https://letowski.fr/tag/defaillancecessation/
Selon l’étude des Greffes, ce sont 63 112 ouvertures de procédures collectives en 2025 ; Altares les chiffre à 69 957 défaillances (incluant la Moselle et l’Alsace qu’Altares compte pour 2 436), ce qui conduit à une différence de 4 409 entre ces 2 sources.
♦ Entre 2024 et 2025, la plupart des secteurs ont connu une augmentation du nombre d’ouverture de procédures collectives.
6 secteurs s’avèrent plus en difficultés, notamment l’enseignement/santé/action sociale (+31,2%, mais avec un petit nombre de procédures chiffrant 2,6% des procédures), les services aux particuliers (+20%), le transport (+11%), les HCR et les services aux entreprises (+10%) et la construction (+7,5%).
À l’inverse, 6 secteurs apparaissent moins affectés : les activités immobilières (-20,5%), l’agriculture (-15,7%), les activités financières (-3,7%), le commerce (+1,4%), l’informatique et communication (+5,5%) ainsi que l’industrie (+6,2%).
♦ Quelques particularités :
3 activités cumulent 57% des défaillances et un taux plutôt faible en défaillance entre 2024 et 2025 :
– La construction : leur poids en défaillance (21,8% des défaillances) est bien plus important que leur taux de défaillance au sein de l’activité. On y trouve notamment les travaux de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment, la construction de maisons individuelles, les travaux de peinture et vitrerie et ceux d’installation électrique, regroupant 15% des défaillances.
– Les HCR sont 14,4% des défaillances. 3 activités y cumulent 9% des défaillances (la restauration traditionnelle, et de type rapide et les débits de boissons). La hausse entre 2024 et 2025 est de 9,8%, un peu supérieure à la moyenne de 6,3%.
– Le commerce avec 21% des défaillances). 3 activités cumulent 9% des défaillances (la boulangerie et boulangerie-pâtisserie, le commerce de détail d’habillement, le commerce et la réparation de véhicules automobiles)
♦ Les défaillances au regard du capital de l’entreprise
50,6% des défaillances sont le fait d’entreprises au capital inférieur à 2 500€, 31,3% pour celles au capital compris entre 2 501 à 10 000€ et 8,7% pour un capital d’un montant supérieur.
En moyenne en 2025, les entreprises ont 7,7 ans au moment de la procédure collective, en baisse au regard de la moyenne 2022-2024 (8,1 ans) et de la moyenne 2019-2021 (8,7 ans).
Les entreprises affichant l’ancienneté la plus importante sont celles de l’industrie (11ans), des activités immobilières (9,5ans) et du commerce (8,4ans) ; par contre, celles ayant les anciennetés les plus courtes sont la construction (6,7 ans) et les HCR (6,9 ans).
♦ Le profil des chefs d’entreprise concernés.
76,4% des dirigeants sont des hommes ; la moyenne d’âge est de 48,3 ans vs 47,4 ans entre 2022 et 2024 et 47,7 ans entre 2019 et 2021.
Les moins de 40 ans sont 25% chez les hommes et 30% chez les femmes ; les 40-55 ans sont 42% chez les hommes et 44% chez les femmes, alors que les 55 ans et plus sont 33% chez les hommes et 27% chez les femmes.
84% sont Français, 6,5% Européens, 4% Maghrébins.
⇒ La prévention des entreprises en difficulté.
En 2025, 16 020 dossiers d’entreprises (contre 16 107 en 2024) ont été reçus en prévention en France (y compris DROM). L’Ile-de-France se classait comme la première région pour ce type de dossiers étudiés, avec 46,6% du total (43,4% en 2024.
Dans près de 82% des cas, la convocation suite à des informations internes était à l’origine des dossiers d’entreprises reçues en prévention vs 18% des demandes d’entretien spontané. Cette répartition change beaucoup selon les régions.
A la suite de ces rendez-vous, 49% ont demandé l’ouverture d’une procédure collective (notamment en sauvegarde), 28% une demande de conciliation et 23% un mandat hoc.
⇒ Les radiations.
♦ En 2025, ce sont 454 673 radiations (entreprises individuelles enregistrées au RCS et sociétés), dont 38,7% en entreprise individuelle ; parmi les 302 302 sociétés radiées, 70% étaient en SAS, 24 en Sarl, 2,5 en nom collectif. Entre 2024 et 2025, le nombre de radiations a progressé de 46,6%, mais de +91% pour les entreprises individuelles (dont un grand nombre de microentreprises non chiffrées), +25% pour les Sarl et +17% pour les SAS.
♦ 41% sont des radiations volontaires, 31% des radiations suite à une procédure collective, 18% suite à une radiation d’office et 10% sans modalité connue. Entre 2024 et 2025, les radiations d’office ont progressé de 131%, celles en procédure collective de 41% et les radiations volontaires de 10%.
♦ En ce qui concerne les radiations de société, 57% avaient un capital inférieur à 2 500€, 27% un capital compris entre 2 500 et 10 000€ et 16% un capital d’un montant supérieur.
En comparaison avec les immatriculations, 75% avaient un capital d’au plus 2 500€ (75% les SAS et 68 les Sarl), 14% un capital compris entre 2 500 et 10 000€ (22,2% les Sarl et 15,1% les SAS), et 11% un capital de plus de 10 000€ (10% les Sarl et 5% les SAS).
♦ Le profil des entreprises radiées et de leur dirigeant.
– L’âge moyen des entreprises radiées était de 9,5 ans (9,9 entre 2019 et 2024).
– 70,7% des radiations au RCS avaient été effectuées par des hommes (71% dans le cadre de radiation volontaire).
– L’âge moyen des dirigeants s’élevait à 50,6 ans (50,6 dans le cadre de radiation volontaire), proche en 2023 et 2024 mais plus âgé qu’en moyenne entre 2019 et 2022 (52,6 ans).
Les moins de 40 ans sont 32% chez les hommes et 28% chez les femmes, les 40-55 ans sont 28% chez les hommes et 30% chez les femmes, alors que les 55 ans et plus sont 40% chez les hommes et 42% chez les femmes.
Ils sont plus jeunes dans le transport (34,1ans), l’informatique (45,4 ans), le commerce (46,5 ans) et les services aux particuliers (47,5 ans) et plus âgés dans les activités immobilières ou l’agriculture (60 ans).
– 85% sont Français, 5% Européens, 4% du Maghreb.
Pour en savoir davantage : https://www.cngtc.fr/myfiles/files/BNE%20des%20greffiers%20des%20tribunaux%20de%20commerce%202025.pdf